poésie livrée
Heureux hasard
je suis dans le brouillard, gros cafard, direction l'évier me laver, nuit agitée, se tapit dans le placard une idée noire, agitant ses folles pates, je m'écartes, elle me rattrape, j'ai beau méditer, elle revient m'harceler, je prends le petit déjeuner, se glisse dans mon bol de café, elle me sussure: « j'en suis sûre, tu n'en as cure mais en cette journée tu vas crever »; je l'ignore, la dévore, l'incorpore et l'honore. Elle prend place au volant, c'est elle le plan, la mort au tournant.
Poêmes libres
une bouche cousue
avec des fils de soi
creuse ma voix
opprime ma vue
la volupté d'une fleur
assèche mes pleurs
abondante perfection
tu pièges ma passion
belle aux yeux du monde
brisé ma fronde
je suis le hasard
celui qui se peint de fard
quand vient sur le tard
le moment du cafard
je suis l'absurde
toujours en fugue
mon tombeau
moine reclus, tristesse continu
les voiles d'humeur noircissent tes pleurs
sèche tes rides, marques du temps
incline les cadavres, dans le tombeau hybride
s'y mélant serpents, masse putride
hiberne les rancoeurs, bête bouillante de saveurs
âcres et dentellées, tels les geléees d'été
mitraillant les rangées de fleurs, douces roses
laissant à nu mes valeurs, vils osmoses
combien d'harmonies pour tromper ma vie?