poésie livrée

Publié le par yoann morice

Heureux hasard

 

je suis dans le brouillard, gros cafard, direction l'évier me laver, nuit agitée, se tapit dans le placard une idée noire, agitant ses folles pates, je m'écartes, elle me rattrape, j'ai beau méditer, elle revient m'harceler, je prends le petit déjeuner, se glisse dans mon bol de café, elle me sussure: « j'en suis sûre, tu n'en as cure mais en cette journée tu vas crever »; je l'ignore, la dévore, l'incorpore et l'honore. Elle prend place au volant, c'est elle le plan, la mort au tournant.

 

Poêmes libres

 

une bouche cousue

avec des fils de soi

creuse ma voix

opprime ma vue

 

la volupté d'une fleur

assèche mes pleurs

abondante perfection

tu pièges ma passion

belle aux yeux du monde

brisé ma fronde

 

je suis le hasard

celui qui se peint de fard

quand vient sur le tard

le moment du cafard

je suis l'absurde

toujours en fugue

 

mon tombeau

 

moine reclus, tristesse continu

les voiles d'humeur noircissent tes pleurs

sèche tes rides, marques du temps

incline les cadavres, dans le tombeau hybride

s'y mélant serpents, masse putride

hiberne les rancoeurs, bête bouillante de saveurs

âcres et dentellées, tels les geléees d'été

mitraillant les rangées de fleurs, douces roses

laissant à nu mes valeurs, vils osmoses

combien d'harmonies pour tromper ma vie?

 

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Publié dans poésie

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