La terre de nos pères
Le père hume le silence de l'aube,
etreignant le son de la valée.
Il s'en va terminer son toit de chaume,
accompagné de ses rêves égarés.
Il repense à ce fils qui l'a quitté,
parti pour goûter
au vacarme des immigrés;
ces immigrés de la terre,
qui ne savent plus où aller.
Le père repense à son père
qui lui avait tant appris,
appris à aimer être solitaire,
c'est sûrement ce qui a tué
en son fils l'envie d'aimer.
Le père cultive sa terre
malgré son âge avancé,
le père aime sa terre
malgré ce qu'il y a sacrifié,
le père est mort sur sa terre
et son fils est venu l'enterrer.
Son père s'en est allé,
mais son dernier souffle de vie
à appris au fils à aimer,
l'oeuvre de plusieurs vies;
à appris au fils à respirer,
les parfums de la terre blessée.