une pitié de poête
Le poête se cherche,
entretenant sa dèche;
clochard bourgeois,
dans la peau
d'un chien aux abois.
Pas de pot!
En manque de pourriture,
de pensées encrassées;
il se fait désespéré,
prenant la parure
d'une digne raclure.
Etalant des rouges émotions,
des vers effilés,
une musique irritée
et de rythmiques passions;
il sonne l'ode
aux échorchés,
aux sinistrés;
suivant la mode,
de l'inconsolable charité.
Fuyant le bonheur;
célébrant la félicité,
de ses amours gachés;
il parcourt les heures,
rentabilisant ses pleurs:
en peines grisés,
par le brouillard
de son vaste chantier.
De riche bagnard,
il touche à la célébrité.
Mais trop tard!
Ce qu'il a mis sur le papier,
il n'a pu le célébrer
dans sa vie de prisonnier.
A l'amitié il s'est écarté,
et le voici seul!
N'arrivant plus à exprimer,
dans ses carnets froissés;
ce que dans son errance,
sa prisonnière existence,
il parvenait à copier;
à fausser:
l'artiste se retire,
croisant la mort;
triste satire,
née de ses remords.
Mais surtout pas de pitié;
Il en avait fait son métier.