une pitié de poête

Publié le par yoann morice

 

Le poête se cherche,

entretenant sa dèche;

clochard bourgeois,

dans la peau

d'un chien aux abois.

Pas de pot!

En manque de pourriture,

de pensées encrassées;

il se fait désespéré,

prenant la parure

d'une digne raclure.

Etalant des rouges émotions,

des vers effilés,

une musique irritée

et de rythmiques passions;

il sonne l'ode

aux échorchés,

aux sinistrés;

suivant la mode,

de l'inconsolable charité.

Fuyant le bonheur;

célébrant la félicité,

de ses amours gachés;

il parcourt les heures,

rentabilisant ses pleurs:

en peines grisés,

par le brouillard

de son vaste chantier.

De riche bagnard,

il touche à la célébrité.

Mais trop tard!

Ce qu'il a mis sur le papier,

il n'a pu le célébrer

dans sa vie de prisonnier.

A l'amitié il s'est écarté,

et le voici seul!

N'arrivant plus à exprimer,

dans ses carnets froissés;

ce que dans son errance,

sa prisonnière existence,

il parvenait à copier;

à fausser:

l'artiste se retire,

croisant la mort;

triste satire,

née de ses remords.

Mais surtout pas de pitié;

Il en avait fait son métier.

Publicité

Publié dans poésie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article