Les libertaires et la décroissance
Comme l'avait justement remarqué un libertaire dans le courrier des lecteurs du journal « la décroissance », la position anarchiste est écarté du débat sur la société décroissante. Ainsi la petite bd « stef le décroissant » raille les anarchistes et les présentent sous l'aspect de petits rebelles niais et insidieusement capitalistes.
Les penseurs influents de ce journal ne parlent ainsi jamais de politique sans état, de communautés libertaires et de la philosophie individualiste. Ils rapprocheraient même l'individualisme consumériste de l'individualisme émancipateur.
Ce sont des humanistes qui à priori ne place pas les communautés aborigènes et amérindiennes dans leur esprit. Il faut pourtant rappeler qu'il y 200 ans la majorité des humains vivaient sans état ou faisaient tout comme.
Et nulle part n'est mentionnée l'histoire libertaire, ses penseurs, sa philosophie et sa vision de société. Or les libertaires sont pour la plupart contre la société capitaliste et la croissance, pronent l'autonomie et des liens collectifs.
Mais un mot capital les séparent des « décroissants ». Il est essentiel pour les anarchistes, qui sont rassemblés sous le slogan: « ni dieu, ni maître ». Dangereux pour les humanistes. Ce mot est individualisme. Ou respect des volontés, désirs, qualités d'un individu.
Ainsi, une communauté d'hommes, non; mais une communauté d'individus, oui. Je m'explique. Je pense qu'une politique réaliste et respectueuse de l'individu ne peut se faire qu'à une échelle réduite de population. Les communautés culturellement, économiquement et moralement viables qui subsistent dans le monde, sont composés au maximum de 40 à 60 personnes. Dans ces communautés la solidarité est naturelle, et l'individu fait partie intégrante de la communauté sans être dissous en elle.
Pour les humanistes, une politique n'est viable que si elle apliquée à grande échelle et par un exécutif. Des hommes plus éclairés feraient le bien pour les autres hommes. Sans cela le chaos s'installerait.
Ils oublient que le pouvoir est criminel, qu'il n'a fait qu'asservir les individus et créé des guerres et répressions sans but.
Bien sûr dans une « société » libertaire et donc décroissante, les conflits entre communautés seront inévitables. Mais le temps peut résoudre les conflits et des alliances entre communautés pourraient se créer. En Australie, en Afrique et Amérique de multiples tribus se respectaient et faisaient des échanges. Toutefois, les guerres étaient partout présentes.
Il faut dès aujourd'hui se faire son opinion. Choisir entre une société décroissante mais aux institutions identiques donc favorables à la la restriction de l'individualité. Une paix sociale au détriment de l'indépendance créatrice de chacun.
Ou choisir de réemprunter une voie menée avec sagesse par une grande partie de l'humanité durant plusieurs milliers d'années. Une voie incertaine et ainsi propre à l'individu. Une voie de conflits mais aussi de solidarité proche et libre.
Une voie décroissante, mais libertaire avant tout.