Les libertaires et la décroissance

Publié le par yoann morice

 

Comme l'avait justement remarqué un libertaire dans le courrier des lecteurs du journal « la décroissance », la position anarchiste est écarté du débat sur la société décroissante. Ainsi la petite bd « stef le décroissant » raille les anarchistes et les présentent sous l'aspect de petits rebelles niais et insidieusement capitalistes.

Les penseurs influents de ce journal ne parlent ainsi jamais de politique sans état, de communautés libertaires et de la philosophie individualiste. Ils rapprocheraient même l'individualisme consumériste de l'individualisme émancipateur.

Ce sont des humanistes qui à priori ne place pas les communautés aborigènes et amérindiennes dans leur esprit. Il faut pourtant rappeler qu'il y 200 ans la majorité des humains vivaient sans état ou faisaient tout comme.

Et nulle part n'est mentionnée l'histoire libertaire, ses penseurs, sa philosophie et sa vision de société. Or les libertaires sont pour la plupart contre la société capitaliste et la croissance, pronent l'autonomie et des liens collectifs.

Mais un mot capital les séparent des « décroissants ». Il est essentiel pour les anarchistes, qui sont rassemblés sous le slogan: « ni dieu, ni maître ». Dangereux pour les humanistes. Ce mot est individualisme. Ou respect des volontés, désirs, qualités d'un individu.

Ainsi, une communauté d'hommes, non; mais une communauté d'individus, oui. Je m'explique. Je pense qu'une politique réaliste et respectueuse de l'individu ne peut se faire qu'à une échelle réduite de population. Les communautés culturellement, économiquement et moralement viables qui subsistent dans le monde, sont composés au maximum de 40 à 60 personnes. Dans ces communautés la solidarité est naturelle, et l'individu fait partie intégrante de la communauté sans être dissous en elle.

Pour les humanistes, une politique n'est viable que si elle apliquée à grande échelle et par un exécutif. Des hommes plus éclairés feraient le bien pour les autres hommes. Sans cela le chaos s'installerait.

Ils oublient que le pouvoir est criminel, qu'il n'a fait qu'asservir les individus et créé des guerres et répressions sans but.

Bien sûr dans une « société » libertaire et donc décroissante, les conflits entre communautés seront inévitables. Mais le temps peut résoudre les conflits et des alliances entre communautés pourraient se créer. En Australie, en Afrique et Amérique de multiples tribus se respectaient et faisaient des échanges. Toutefois, les guerres étaient partout présentes.

Il faut dès aujourd'hui se faire son opinion. Choisir entre une société décroissante mais aux institutions identiques donc favorables à la la restriction de l'individualité. Une paix sociale au détriment de l'indépendance créatrice de chacun.

Ou choisir de réemprunter une voie menée avec sagesse par une grande partie de l'humanité durant plusieurs milliers d'années. Une voie incertaine et ainsi propre à l'individu. Une voie de conflits mais aussi de solidarité proche et libre.

Une voie décroissante, mais libertaire avant tout.

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Publié dans politique

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G
Je ne vois pas en quoi mon exemple est erronné, même si j'ai fait exprès de le choisir si peu écolo, ;-) en fait tu réponds que tu es favorable à la décroissance absolue, de richesses (de travail, c'est pareil). On verra ça quand les 6700 millions d'humains auront atteint un niveau de consommation minimum. Sur l'État, tu développes les arguments de l'anarchisme, et tu idéalises beaucoup les société tribales et féodales qui l'ont précédé. Mais en attendant d'emmerder l'État, c'est plutot lui qui nous emmerde. Ce qui conduit à la thèse marxiste de la révolution, de la dictature du prolétariat, et du dépérissement de l'État. Et comme tu le sais, nous avons rencontré quelques difficultés en essayant d'appliquer ce programme. Je respecte les anarchistes car leur esprit de révolte est magnifique, mais je ne pense pas que leurs théories politiques tiennent la route, à moins d'un hypothétique et considérable changement des mentalités, suite à une hausse immense du niveau d'éducation et de conscience, et pour la coosncience entout cas on n'en prend pas le chemin.<br /> <br /> A bientôt peut-être!
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G
Deux questions, une sur la décroissance; s'agit-il d'une décroissance physique (de quantités consommées, produites, de déchets, etc) ou d'une décroissance économique (une baisse de richesse. par exemple, une voiture qui consomme moins d'acier, d'essence, etc, mais qui vaut plus cher que le modèle qu'elle remplace est-elle de la croissance ou de la décroissance pour vous?<br /> <br /> Deuxième question: estimez vous vraiment qu'une société juste puisse exister sans État, n'êtes vous pas interpellé par les exemples contemporains (Afrique, Russie, Moyen Orien) où l'on voit que l'effacement de l'État c'est la montée des clans religieux ethniques et maffieux?<br /> <br /> Gilles Questiaux (porter la réponse s'il y a lieu sur le blog Réveil Communiste)
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Y
    Tout d'abord, la décroissance dont je parle est une décroissance physique, économique, social et... politique mais cela vous l'avez bien remarqué. L'exemple que vous avez pris pour illustrer la décroissance économique est erroné. En effet, une décroissance économique est une décroissance de production et de consommotion ainsi que de travail, or ici une voiture plus économique ne signifie pas moins de production, de consommation et de travail. Pour mieux comprendre la décroissance comme pensée et projet de société vous pouvez consulter les liens que je donne sur mon blog et ce lien-ci: www.decroissance.org/ ; ainsi que wikipedia    Deuxièmement, en Afrique et en Russie les états sont pour la plupart des états forts qui favorise telle ethnie, telle commerce frauduleux, telle religion entrainant un déclassement politique et économique d'une partie de la population donc une rébellion qui demande l'aide d'une mafia. Et encore je résume beaucoup trop. Pour le Moyen-orient si vous voulez parlez des talibans ou de l'irak, il faut savoir que le problème vient majoritairement comme en Afrique des frontières qui ont été institués après la décolonisation. A cela s'est rajouté l'aide des pays occidentaux à des tribus extrémistes luttant contre des gouvernements socialistes ou ennemis de l'occident. Exemple, les talibans financés par les U.S.A durant la guerre d'afghanistan. Ces multiples causes encore simplifiés expliquent en grande partie les querelles religieuses, ethniques et économiques.Mais comme je l'ai fait remarqué dans mon "article" l'état en lui-même est toujours source de répression puisque n'il ne peut pas régler tous les problèmes de la population. De plus il faut se rappeller que l'état comme institution est très jeune dans dans l'histoire de l'humanité. Surtout il est spécifique à l'occident car sans la colonisation sauvage la majeure partie du globe vivrait à l'heure des tribus ou peuples nomades donc sans état ( l'empire de Genghis Khan fut une des contre preuves à cette logique )Prenons pour une fois un regard neuf, un regard d'un monghol vivant libre dans les steppes et nous comprendrons mieux alors que l'on emmerde l'état et que l'on vit bien sans.Merci en tout cas de ton commentaire, j'espère avoir éclairci le problème.